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dimanche 2 novembre 2014

La Mutualité Sociale Agricole minimise les cancers des agriculteurs.

ETUDE :  Les risques de cancers des agriculteurs varient en fonction du secteur dans lequel ils exercent, ce qui pourrait être lié aux pesticides...

Pesticides: Les agriculteurs risquent des cancers différents selon leur activité

La potentialité de développer un cancer de la prostate serait plus élevée chez les cultivateurs de tournesol ou de pommes de terre.
La potentialité de développer un cancer de la prostate serait plus élevée chez les cultivateurs de tournesol ou de pommes de terre
Selon des résultats de la récente enquête Agrican sur la santé en milieu agricole, les agriculteurs risquent des types de cancers différents selon leur secteur d'activité. Des risques liés à l'utilisation des pesticides.
La potentialité de développer un cancer du poumon est ainsi deux fois plus élevée chez les agriculteurs spécialisés dans la culture des pois fourragers, ainsi que dans la taille des arbres fruitiers ou la culture des légumes, a expliqué le chercheur Pierre Lebailly, coordinateur de l'étude Agrican, lors d'un colloque sur l'exposition professionnelle aux pesticides, organisé mardi et mercredi à Paris par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Bovins, tournesol et prostate En revanche, les éleveurs de bétail ou de chevaux pendant plus de 20 ans voient leur risque de cancer du poumon réduit. Pour le cancer de la prostate, ce sont les producteurs de bovin et les agriculteurs spécialisés dans le tournesol, le tabac, les fruits et les pommes de terre qui sont les plus exposés.
La prochaine étape de l'étude sera d'étudier les effets de pesticides spécifiques, pour tenter d'établir un lien plus direct entre cancers et utilisation de produits chimiques.
L'enquête Agrican porte depuis 2005 sur plus de 180.000 affiliés de la Mutualité sociale agricole (MSA). Elle vise à étudier l'impact de l'exposition des agriculteurs à des risques particuliers (pesticides, ultraviolets, virus animaux...), et notamment leurs risques de cancer. Ses premières conclusions, dévoilées en 2011, montraient toutefois que les agriculteurs avaient une plus grande espérance de vie que la population générale.
Des agriculteurs moins atteints par le cancer et avec une espérance de vie plus longue que le reste de la population: les bonnes nouvelles de l’étude Agrican n’ont pas  convaincu tout le monde. Cette enquête, menée par la Mutualité sociale agricole (MSA) sur 180.000 personnes depuis  2005, a conclu à un risque de décès par cancer inférieur de 27% chez les hommes et 19% chez les femmes du milieu agricole par rapport à la population générale. Les militants contre les pesticides dénoncent une «propagande» cachant une réalité bien moins réjouissante.
Pas de données sur l’incidence des cancers L’association Générations futures est montée au créneau pour souligner l’absence de données sur le nombre de cas de cancers dans la population agricole française: l’étude Agrican ne fournit pour l’instant que des données sur la mortalité par cancer, les résultats sur l’incidence devant être publiés en 2012. «La communication se veut rassurante mais occulte le fait que les agriculteurs sont plus fréquemment touchés par certains cancers que la population générale: cancers de la prostate, cancers des lèvres, des lymphomes, entre autres», déplore Générations futures.
Au cœur de la polémique, les pesticides et leurs effets contestés sur la santé. Générations Futures s’étonne de ne pas trouver de données sur le lien entre exposition aux pesticides et cancer dans l’étude Agrican. Si elle mentionne bien que «des arguments existent» sur le rôle des produits phyto-sanitaires «dans le développement de certains cancers (en particulier du sang et des ganglions), de troubles de la reproduction ou de maladies neurologiques», on n’y trouve aucune statistique sur la survenance d’un cancer liée à leur utilisation.
Un panel contesté D’autre part, Générations Futures note que seulement 48% de la cohorte masculine étudiée a déclaré manipuler des pesticides et s’interroge sur la représentativité de ce panel: «Cela nous semble sous-estimer gravement la réalité de l’exposition de la population agricole aux pesticides: pour rappel, l’agriculture biologique représente moins de 3% de la surface agricole française».
Cette étude «manque visiblement d'indépendance», selon François Veillerette, porte-parole de Générations futures. De son côté, Cap21, le parti de Corinne Lepage, pense qu’«il ne faut plus attendre pour prendre toutes les mesures de prévention et de réduction drastique de l’usage des produits phytosanitaires pour protéger les populations», notamment en mettant fin à la TVA réduite sur les pesticides (5,5%) «en contradiction flagrante avec les objectifs de réduction de leur usage fixés depuis 2000 et confirmés par le Grenelle de l'environnement et le plan Ecophyto 2018.»
Planète

jeudi 3 avril 2014

L' agriculture chimique tue, aussi, les apiculteurs...

Les apiculteurs dans la rue contre les «insecticides tueurs d'abeilles»

Avec tenues de protection et enfumoirs, des centaines d'apiculteurs sont venus mardi près de Paris manifester leur mécontentement face à la mortalité des abeilles qui menace leur travail.
A Montreuil, devant le siège de FranceAgriMer, organisme qui détermine les orientations stratégiques des filières agricoles, ils brandissaient des pancartes avec un message clair: «L'agrochimie m'a tuer», «Stop à l'hécatombe» ou encore «Non au Cruiser, non aux insecticides neurotoxiques tueurs d'abeilles».
Quatre des cinq organisations professionnelles étaient réunies pour l'occasion: la Confédération paysanne, la Fédération des organisations sanitaires apicoles départementales (FNOSAD), le Syndicat national d'Apiculture (SNA) et l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). Ils avaient réussi à réunir 8 à 900 apiculteurs selon les organisateurs, 300 selon la police.
La Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) a préféré rester en dehors du mouvement pour «mésentente» avec l'Unaf au sujet de cette mobilisation.
«Nous sommes venus confirmer nos inquiétudes graves sur le dossier des pesticides que nous ne voyons pas aboutir», a dit Yves Vedrenne, président du SNA.
Ils souhaitaient notamment expliquer aux pouvoirs publics et à FranceAgriMer, qui réunissait mardi le Comité stratégique apicole, qu'il est inutile d'établir un plan de développement de l'apiculture sans régler la questions des insecticides.
«Un plan de développement durable de l'apiculture dans une ambiance de pesticides, ce n'est pas possible. Quand ils nous demandent de doubler la production de miel, ils se foutent de nous», a dit Jean Sabench de la Confédération paysanne.
«Est-ce qu'un éleveur de vaches allaitantes accepterait de perdre la moitié de son cheptel par an ?», a demandé Yves Vedrenne.
Selon l'Unaf, les apiculteurs ont perdu entre 15 à 30% de leurs ruches l'an dernier, avec des situations très contrastées selon les régions En cause, selon l'organisation, des conditions climatiques très mauvaises, (froid, pluie...) et des «problèmes d’intoxications».
Bruxelles a interdit en 2013 et pour deux ans l'usage des trois pesticides néonicotinïdes jugés responsables en partie de l'importante mortalité des abeilles. Les apiculteurs jugent la mesure insuffisante. Ils réclament un moratoire étendu à toutes les autres molécules. En 2013, la production de miel en France a été inférieure à 15.000 tonnes, soit moitié moins qu'en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent. En 2011, la production avait déjà baissé à 20.000 tonnes.
Il faudra maintenant attendre l'automne pour mesurer l'effet du moratoire sur la mortalité des abeilles.
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll avait lancé en février 2013 un plan sur trois ans destiné à redynamiser l'apiculture française partant du constat que plus de 50% du miel consommé en France est importé.
Ce plan, doté de 40 millions d'euros, doit notamment encourager l'installation de nouveaux apiculteurs professionnels. Car les apiculteurs sont en majorité écrasante des amateurs : plus de 90% ont moins de 30 ruches et seuls 1.600 (4%) sont professionnels.
ICD