mercredi 22 octobre 2014

Jardins en forêts...

Permaculture :  Une forêt comestible pour atteindre l’auto-suffisance alimentaire

 
Produire des fruits sains, avec le moins de travail possible, et en respectant la nature : voici les objectifs de Juan Anton Mora, un espagnol de 78 ans. Depuis sa retraite, il s’est mis en tête de changer le monde, grâce à sa forêt comestible ! Il expérimente l’auto-suffisance alimentaire et transmet ses savoir-faire. « De cette manière, quoi qu’il se passe, si nous n’avons plus de travail, nous aurons toujours de quoi manger. »
Juan Anton Mora, 78 ans, va courir 40 minutes plusieurs fois par semaine. Il organise chez lui des réunions de plusieurs jours avec des dizaines de personnes. « Chacun apporte son sac de couchage et on se débrouille », explique-t-il. Y-a-t-il besoin de le dire : Juan Anton a une forme impressionnante ! Comment fait-il ? Une vie saine et son envie de changer le monde doivent avoir leur rôle à jouer.
Car oui, chacune de ses actions a pour but de "changer le monde" ou pour être plus précis, combattre la faim dans le monde. Rien de moins. « La société devrait être basée sur deux piliers : le "travail", ce que nous savons faire et qui participe à la société, et la production de sa nourriture. De cette manière, quoi qu’il se passe, si nous n’avons plus de travail, nous aurons toujours de quoi manger. »
Et tout cela ne s’arrête pas à un beau discours. Juan Anton met en pratique ces conseils et il va même plus loin : il expérimente toutes les manières possibles de faciliter le travail de la terre. Gagner en indépendance alimentaire n’est pas seulement une sécurité, c’est aussi une manière de regagner une certaine liberté dans une société où nous n’avons plus le choix (de rien).
L’histoire a commencé il y a environ 30 ans. Juan Anton souhaitait trouver un lieu au calme pour faire un petit potager et avoir des poules. Il a acheté une petite parcelle plantée d’orangers. Avant de prendre sa retraite, il suivait les conseils du jardinier qui s’occupait du terrain de manière conventionnelle. Jusqu’au jour où ce dernier lui propose un herbicide qui tuerait l’herbe pendant 8 ans. C’est une prise de conscience. Sans savoir où il met les pieds, Juan Anton décide d’arrêter tous les produits chimiques. Le jardinier donne sa démission. En quelques mois, c’est un désastre. L’herbe grandit, les arbres se meurent par manque de nourriture. « J’ai commencé à m’intéresser à la manière dont fonctionne la terre. J’ai été à des cours d’agriculture écologique puis à un cours de permaculture et j’ai acheté quelques livres de Fukuoka. Puis j’ai commencé à appliquer ce que j’apprenais. » 
SIDE WAYS


Reportage réalisé par le site SideWays, web-série documentaire présentant des initiatives solidaires, positives et originales, qui sont « des idées pionnières ou bien des remèdes au système actuel, dans lequel de moins en moins de personnes se retrouvent », expliquent les initiateurs du projet, Hélène Legay et Benoit Cassegrain de l’association Contre-courant. Chaque épisode se décline sous un même format : une vidéo de 5 min, un article multimédia et un espace de discussion avec les protagonistes et les auteurs.
Pour en savoir plus : le site de SideWays.
Photo (une) : CC Irene Kightley

dimanche 19 octobre 2014

Une économie criminelle.

La « faim invisible » frappe deux milliards d’humains

Indice de la faim dans le monde en 2014 par degré de sévérité.

Encore aujourd’hui, une personne sur huit, et même un enfant sur six, souffre de la faim dans le monde. « Seize pays continuent d’afficher un niveau de faim “extrêmement alarmant” ou “alarmant” », alerte l’Institut International de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) qui publie lundi 13 octobre, à trois jours de la journée mondiale de l’alimentation,un été des lieux de la faim dans le monde. 

Ce centre de recherche international basé à Washington établit chaque année un indice (Global hunger index, GHI) qui mesure le niveau de la faim, à partir des données de mortalité infantile, de sous-alimentation et d’insuffisance pondérale infantile pays par pays. L’évolution globale de cet indice montre une nette amélioration depuis 1990 sur le front de la faim dans le monde mais malgré ces progrès « le niveau de la faim dans le monde demeure grave », insiste l’Ifpri.
L’ÉRYTHRÉE ET LE BURUNDI DANS UNE SITUATION EXTRÊMEMENT ALARMANTE
« Le nombre d’individus souffrant de la faim a diminué au cours des 25 dernières années parce que la sous-alimentation a enregistré un fort recul dans de grands pays tels que la Chine, l’Inde, l’Indonésie ou encore le Vietnam. Mais il reste des pays où la situation s’améliore peu et il s’agit de pays où la croissance démographique reste élevée et qui de surcroît ont un milieu naturel fragile », souligne Marie-Noëlle Reboulet, du Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités, association qui s’intéresse notamment aux incidences du changement climatique sur le développement. « Dans ces pays le changement climatique vient rendre les populations plus vulnérable encore », insiste-t-elle.
La moyenne mondiale masque de fait d’importantes disparités entre pays et régions. Parmi les seize pays les plus gravement affectés, deux, l’Erythrée et le Burundi, présentent une situation « extrêmement alarmante ». En Afrique subsaharienne, si depuis 2000 les taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans ont diminué, la situation demeure extrêmement précaire, observe l’Ifpri. L’Afrique subsaharienne détient le score GHI régional le plus élevé, suivi de près par l’Asie du Sud. C’est dans ces deux régions que se situent la quasi-totalité des pays dont la situation est jugée « alarmante ». En Afrique subsaharienne, un seul pays, le Ghana, a fortement diminué ses scores GHI depuis 1990 : insuffisance pondérale et mortalité infantiles ont baissé de plus de 40 %, tandis que la proportion de personnes sous-alimentées a été réduite de manière radicale, passant de 44 % en 1990-1992 à moins de 5 % en 2011-2013.
LA FAIM INVISIBLE SOUVENT NÉGLIGÉE
Dans son rapport, l’Ifpri insiste cette année sur le fléau « crucial mais souvent négligé » de la « faim invisible ». Cette forme de malnutrition survenant lorsque l’apport ou l’absorption de vitamines et minéraux ou oligo-éléments (zinc, iode, fer, vitamines A et B) ne suffisent pas à assurer une bonne santé et un bon développement, touche plus de 2 milliards d’individus, soit plus du double des 805 millions de personnes sous-alimentées, recensées par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dont les besoins caloriques ne sont pas satisfaits.
Si les effets de la faim invisible ne sont pas observables à court terme, ils se révèlent « dévastateurs » à long terme, insiste l’Institut : hausse de la mortalité maternelle et infantile, handicaps physiques, affaiblissement du système immunitaires et des facultés intellectuelles. La faim invisible tue ainsi chaque année 1,1 million d’enfants sur les 3,1 millions qui meurent chaque année de sous-alimentation.
Au-delà des conséquences sur la santé, ce fléau « affecte lourdement les économies des pays en nuisant à la productivité des populations », affirme l’Ifpri. Elle amputerait ainsi le produit intérieur brut (PIB) de la plupart des pays en développement de 0,7 % à 2 %. On estime à 1 % la perte de PIB en Inde et à 2,3 % en Afghanistan.
TRIPLE FARDEAU DE LA MALNUTRITION
Bien que la faim invisible pèse en majeure partie sur les pays en développement, les pays à plus haut revenus et plus urbanisés ne sont pas épargnés : le phénomène peut y coexister avec le surpoids, voire l’obésité causés par une consommation excessive de macronutriments (lipides, glucides), souligne l’Ifpri, qui s’inquiète de la complexité croissante du problème de malnutrition sur la planète. Les pays en développement abandonnent peu à peu leurs régimes alimentaires traditionnels à base d’aliments très peu transformés au profit d’aliments et boisons hautement transformés, à forte densité calorique mais pauvres en micronutriments, entraînant obésité et maladies chroniques d’origine alimentaire. « Avec cette transition nutritionnelle, de nombreux pays en développement, s’alarme l’Ifpri, se trouvent confrontés au “triple fardeau de la malnutrition” : dénutrition, carences en micronutriments et obésité. »
Laetitia Van Eeckhout

vendredi 3 octobre 2014

Les AmiEs de Buis les Baronnies et Montbrun les Bains se réapproprient l'alimentation.

Suite à la Présentation des Incroyables Comestibles à l’Université d’ été de UTOPIA : Incroyables Comestibles s'installent à Buis les Baronnies                                


Devant le panneau de sa commune, le maire Sébastien Bernard entouré de plusieurs membres du collectif ne cache pas sa satisfaction de voir Buis rejoindre le mouvement des « Incroyables Comestibles »
Décidément les initiatives citoyennes visant à promouvoir le concept de gratuité gagnent du terrain et se multiplient rapidement dans nos Baronnies provençales. Après l’organisation en moins d’un an de « Marchés gratuits » (ou Gratiférias) dans plusieurs communes de la région (12 à ce jour dont 3 au Buis), voici maintenant le mouvement des « Incroyables Comestibles » qui, parti de Montbrun, s’installe à Buis les Baronnies avec un collectif d’une singulière vitalité.
« On plante, on arrose et on partage », expliquent Myriam Varillon et Camille Lecureux du collectif buxois.
L’idée est de planter en ville des fruits et légumes dans des bacs de l’espace public, et de laisser le soin à chacun de jardiner librement et de récolter gratuitement les fruits de ces petits potagers collectifs. La démarche vise à créer un nouvel art de vivre en dynamisant les échanges locaux par le partage d’une production « Bio », cultivés par les habitants et offerts à tous. « On plante, on arrose et on partage », expliquent Myriam Varillon et Camille Lecureux du collectif buxois, qui espèrent que cette démarche conviviale et solidaire fera de plus en plus d’émules au fil du temps.
Le collectif buxois des « Incroyables Comestibles » compte aujourd’hui une douzaine de bénévoles très actifs.
La commune a tout de suite donné son feu vert et depuis le printemps dernier une quinzaine de bacs publics ont été mis à la disposition de ces incroyables planteurs. Tomates, poireaux, courgettes, poivrons, fraises, salades, blettes, menthe, romarin, amarante, … Tous ces fruits et légumes ont poussé durant l’été dans les rues du village, suscitant la curiosité et l’intérêt de nombreux buxois et visiteurs. « La récolte est bien sûr aujourd’hui très modeste et n’a guère de signification économique », admettent les initiateurs, « mais le mouvement fait beaucoup parler de lui et est riche en lien social… ».
Une belle petite récolte de tomates dans les rues du village.
C’est aussi l’avis du maire Sébastien Bernard qui souhaite voir se développer de nouveaux espaces de plantation solidaire tant dans l’espace public que sur le domaine privé. Rappelons aussi que la bibliothèque municipale se joint au projet en accueillant une grainothèque où chacun peut librement déposer prendre et échanger ses graines bio et constituer ainsi une collection de semences adaptées au territoire.
Enfin, le groupe « Gratiéria Toulourenc-Baronnies » organise une nouvelle Gratiferia (marché gratuit) à Buis les Baronnies le dimanche 19 octobre dans la salle du foyer J.J. Coupon. Au programme : donner, prendre, recevoir, rencontrer, partager, en musique et autourd’une soupe à midi.
Alain Bosmans
Pour en savoir plus :
+
Les incroyables comestibles : http://www.incredible-edible.info
+ Le collectif de Buis : http://icbuis.canalblog.com
+ Contact : 06 62 64 18 35 ou 06 14 19 45 59
+ Face book : http://www.facebook.com/groups/nitrocnireciprocite


Extrait de MCD / mediascitoyensdiois.info : http://mediascitoyens-diois.info/2014/09/buis-les-baronnies-et-montbrun-les-bains-les-incroyables-comestibles-s-installent/
 


jeudi 25 septembre 2014

Les changements viendront dela Société Civile...



Le génie créateur de la société civile



Des créateurs, c’est ce que nous sommes, et nous l’avons toujours été. Le génie créateur de la société civile, quand on sait le voir, on devient capable de le nourrir et de le faire fructifier.
Voici une exposition de récolte de fruits en 1910, pour sélectionner les plus belles variétés du terroir. En regardant de près l’image qui se trouve volontairement en très grand format, il suffit de cliquer dessus, on remarque la grande diversité de la production des pommes et du raisin, au premier plan. Chaque lot est noté avec un petit bristol, pour préciser qui est le producteur, le lieu de la production et la variété exposée. Le jury n’a plus qu’à faire son travail pour sélectionner les plus beaux fruits et en récompenser leurs producteurs. Aujourd’hui, au sein des collectivités engagées dans le processus Incredible Edible, une fête est organisée au moment des récoltes pour célébrer l’abondance. Ce rassemblement attire de plus en plus de monde et devient un temps fort aussi bien pour les habitants acteurs du programme que pour leurs visiteurs extérieurs qui sont les bienvenus.

Non, non, la photo ci-dessus n’est pas celle d’une chocolaterie. C’est une exposition de la récolte des fruits du terroir, à St Louis, dans le Missouri, en 1904. Déjà, il y a plus de 100 ans de cela, on avait compris l’intérêt de valoriser la production locale. Cette dernière était source de richesse et faisait l’objet d’un sentiment de fierté pour toute la population. Quand un simple jardinier reçoit la visite de différentes personnes pour admirer son jardin et sa récolte, il est toujours heureux de partager son trésor et glisser discrètement quelques petits secrets de fabrication de ce qui fait sa réussite. On imagine facilement la force que représente la mutualisation d’une entreprise collective de la sorte à une échelle plus large, de familles en familles. Chaque créateur intervenant dans le processus de co-création trouve forcément une place pour exercer son talent. Tout offreur de talent trouve un besoin à satisfaire. Et réciproquement.

Revenons en France à présent, à Paris en 1900. On y présente l’exposition internationale de pomologie. Les premières coopérations s’organisent à partir de la société civile de l’époque. Les petits producteurs de pommes, les fermiers possédants des vergers et toutes les personnes en mesure d’apporter leur contribution à la connaissance des fruits étaient les bienvenues pour contribuer au mouvement commun de maintient et de valorisation des multitudes variétés qu’offraient les terroirs.

Exposition de la quantité de conserves de fruits et légumes nécessaire pour couvrir les besoins d’une famille de 5 personnes au cours des mois non productifs de l’année, soit environ 6 mois. Cette réflexion a été menée aux États-Unis, à l’Université de la Caroline du Nord, en 1956. (Crédit photo : NCSU Libraries). Cela donne un aperçu très clair de la quantité de production nécessaire au jardin pour atteindre le niveau d’autonomie alimentaire, en dehors de la période productive des saisonnière. En s’organisant bien, on se rend compte que l’effort à fournir pour atteindre ce niveau de production n’est pas hors de portée. Si on s’y met tous, bien entendu. Cet effort est rendu d’autant plus aisément si la famille en question mutualise son travail avec plusieurs autres familles de son voisinage direct. On imagine alors facilement, qu’au niveau d’une communauté locale plus vaste, c’est assez facile d’y arriver. C’est se qui se passe à présent à Todmorden ainsi qu’au sein des collectivités qui s’engagent dans le processus « incredible edible ».
La récolte des pommes dans les vergers, c’est faire l’expérience de l’abondance, dans la joie, en famille et avec les amis, dans un moment singulier où la nature offre tous ses trésors de saveurs, de beauté et de générosité. Les pommiers produisent de merveilleux fruits en quantité, en variété, et en qualité.
Doisneau-Cueillette-de-pommes-1945
La pomme se conserve facilement, tout l’hiver, jusqu’au retour des premiers fruits des beaux jours. Elle est délicieuse pour son jus, pour ses gelées, ses marmelades et ses délicieuses tartes. Cette photo de Robert Doisneau prise à l’automne 1945 en Alsace montre à quel point l’abondance était présente sur nos territoires il y a quelques 60 années en arrière, la plupart des routes qui reliaient les villages étaient bordées d‘immenses arbres fruitiers, au service de tous les habitants pour se nourrir. Il suffisait de ramasser.

samedi 13 septembre 2014

Interdiction des pesticides dans les espaces publics, les hôpitaux et les écoles...

Réglementation

Les espaces verts et les jardins publics bientôt libérés de la pollution des pesticides

 
 
Finis les herbicides épandus dans les parcs et les jardins publics, terminés les pesticides vendus dans les grandes surfaces. Une proposition de loi vise à interdire l’usage des pesticides par les collectivités locales et à encadrer plus strictement leur commercialisation aux particuliers. « Nous allons travailler avec les associations, les consommateurs et les jardiniers, pour faire connaître les alternatives qui existent », assure le sénateur écologiste Joël Labbé, auteur du projet de loi. 3 500 communes ont déjà banni les pesticides de leurs espaces publics.
Première utilisatrice de pesticides au niveau européen, troisième à l’échelle mondiale, la France détient un triste palmarès. Aujourd’hui, l’agriculture représente 90 % de l’utilisation des pesticides. Les 5 à 10 % restants sont utilisés par les collectivités territoriales qui épandent des herbicides sur leurs espaces verts et par les particuliers pour leurs jardins. Ces usages non agricoles des pesticides représentent environ 10 000 tonnes chaque année, avec des impacts sur l’eau loin d’être négligeables.
« Les quantités d’herbicides sont appliquées en ville sur des espaces imperméabilisés comme les voiries ou les parkings. Tout est lessivé directement vers les cours d’eau », relève Joël Labbé, sénateur d’Europe Écologie Les Verts du Morbihan. En utilisant des doses plus importantes, les jardiniers mettent aussi leur santé en danger, précise l’élu, qui a décidé de s’attaquer aux pesticides dans un projet de loi adopté le 19 novembre au Sénat. « Ce texte se concentre sur ce sur quoi nous pouvons légiférer sans délai ».
Amplifier la démarche « Zéro phyto » des communes
Le texte adopté prévoit l’interdiction, en 2020, de l’utilisation des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles au public. Joël Labbé, qui est aussi maire de Saint-Nolff (3 700 habitants), a déjà banni l’usage des pesticides dans sa commune depuis 2007. Ce qu’on appelle le « zéro phyto », sans produits phytosanitaires. Mais sa démarche s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste. « 10 % des 36 000 communes françaises approchent le zéro phyto. Ce chiffre monte même à 60 % pour les communes de plus de 50 000 habitants », précise t-il. « Nous montrons que ça marche ! »
Via cette proposition de loi, Joël Labbé espère donc amplifier ce mouvement, même si sa proposition initiale avait pour échéance 2018. « Nous avons dû faire des concessions durant les discussions pour que le texte soit voté au Sénat à une très grande majorité. Les centristes ont demandé 2020 pour se caler sur les mandatures des municipales. Si on ne cédait pas, la loi ne passait pas ». Des exemptions ont aussi été accordées pour les cimetières, les terrains de sport et les voies ferrées.
Interdire la vente de pesticides dans les grandes surfaces
La vente de pesticides « pour un usage non professionnel » – c’est à dire dans les jardineries et grandes surfaces – à destination des particuliers, sera également interdite à partir de 2022. Un pas a déjà été franchi dans les rayons des magasins Leclerc en Bretagne qui pourra peut-être faire tâche d’huile. Là-encore, l’échéance initiale portée par le groupe écologiste était 2018. Mais l’UMP, qui n' a pas voté le texte, « souhaitait attendre 2025 ».
« Attendre 2020-2022 ne va pas stimuler suffisamment l’industrie pour la production d’alternatives et surtout, cela fait peser un risque sur ce texte, qui pourrait être attaqué avant cette date », craint François Veillerette, de l’association Génération Futures, qui dénonce régulièrement la présence importante de pesticides dans les aliments. « Nous n’aurons pas à attendre, répond Joël Labbé à Basta ! Les nouvelles équipes municipales seront interpellées. Nous allons travailler avec les associations, les consommateurs et les jardiniers, pour faire connaître les alternatives qui existent et l’exemplarité des communes déjà engagées ».
Bataille législative sur les usages agricoles des pesticides
Pour accompagner cette dynamique, l’article 3 du projet de loi prévoit une étude sur les freins juridiques et économiques empêchant la commercialisation des « substances alternatives », telles que les purins de plantes. « Un amendement socialiste a demandé à ce que soient intégrés les produits phytosanitaires à faible risque. Or, on ne sait pas ce que recouvre la notion de "faible risque" et aucune liste n’est encore définie à l’échelle européenne. Il y a là une petite brèche qui est ouverte par les lobbys de l’agrochimie et pour laquelle il va nous falloir être vigilant sur la suite », souligne le sénateur écologiste.
Cette proposition de loi, qui a fait l’objet de plus de 3 000 contributions via la plateforme Parlement-etcitoyens.fr, sera soumise au vote de l’Assemblée nationale le 23 janvier prochain. Une autre bataille législative s’annonce à l’horizon : la future loi d’avenir agricole, qui devrait être discutée début 2014. « Nous travaillons pour voir comment l’on pourrait réduire les usages agricoles des pesticides, confie Joël Labbé. On s’attaque là au dur... Il va falloir batailler ferme face au milieu agricole productiviste. » La dernière tentative de réduire l’usage des pesticides date du Grenelle de l’environnement, en 2007. Il a débouché sur le plan national Ecophyto qui prévoyait de réduire de 50 % les pesticides entre 2008 et 2018. « On a assisté à une augmentation de 2,7 % entre 2008 et 2011. Il n’y a plus d’objectif de calendrier », regrette le sénateur. La majorité socialiste et écologiste fera-t-elle mieux que l’UMP en la matière ?
Sophie Chapelle
[Mise à jour] : Le Parlement a adopté le 23 janvier 2014 la proposition de loi. Outre les écologistes, les socialistes, les radicaux de gauche, l’UDI et le Front de gauche ont voté pour. Les élus UMP se sont prononcés contre ou se sont abstenus.

lundi 7 juillet 2014

Les pesticides ne tuent pas que les abeilles...

Les pesticides ont des effets néfastes pas seulement sur les abeilles

Des pesticides parmi les plus utilisés dans le monde ont des effets néfastes sur la biodiversité qui ne se limitent pas aux abeilles mais nuisent aussi aux papillons, vers de terre, oiseaux et poissons, selon une évaluation scientifique internationale présentée mardi.
Après avoir examiné les conclusions de quelque 800 études parues depuis une vingtaine d'années, les auteurs de cette évaluation plaident pour «durcir encore la réglementation sur les néonicotinoïdes et le Fipronil», les deux types de substances chimiques étudiées, et de «commencer à planifier leur suppression progressive à l'échelle mondiale ou, du moins, à formuler des plans visant à réduire fortement leur utilisation dans le monde».
«Les preuves sont très claires. Nous sommes face à une menace qui pèse sur la productivité de notre milieu naturel et agricole», indique dans un communiqué le Dr Jean-Marc Bonmatin (CNRS), l'un des principaux auteurs de cette analyse menée sur les quatre dernières années.
L'évaluation a été conduite par un panel de 29 chercheurs internationaux dans le cadre d'un groupe de travail spécialisé sur les pesticides systémiques (conçus pour être absorbés par les plantes). Ce groupe conseille notamment l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'organisme qui rend compte de l'état de santé de la biodiversité mondiale à travers sa «Liste rouge» des espèces menacées.
Les conclusions doivent être publiées en huit articles pendant l'été dans la revue Environmental Science ans Pollution Research, précise ce groupe de travail.
Les pesticides étudiés sont «aujourd'hui les plus utilisés dans le monde, avec une part de marché estimée à quelque 40%» et sont aussi «communément utilisés dans les traitements domestiques pour la prévention des puces chez les chats et chiens et la lutte contre les termites dans les structures en bois».
Les effets liés à l'exposition à ces pesticides «peuvent être immédiats et fatals mais également chroniques», soulignent les chercheurs, avec des effets comme la perte d'odorat ou de mémoire, une perte de fécondité, une diminution de l'apport alimentaire, comme un butinage amoindri chez les abeilles, ou encore une capacité altérée du ver de terre à creuser des tunnels.
Ces pesticides sont notamment pointés du doigt depuis quelques années comme l'une des causes expliquant le déclin des populations d'abeilles. L'Union européenne a par exemple déjà suspendu en 2013 l'usage du Fipronil et de trois néonicotinoïdes en raison de leurs effets sur les pollinisateurs.
Cette nouvelle analyse montre que bien d'autres espèces sont également touchées, au premier rang desquelles les invertébrés terrestres, comme les vers de terre, indispensables maillons de la vie des sous-sols.
Suivent les pollinisateurs -- abeilles et papillons -- puis les invertébrés aquatiques, comme les gastéropodes d'eau douce et les puces d'eau, les oiseaux, les poissons et les amphibiens.
Les chercheurs précisent ne pas avoir de données suffisantes pour déterminer leur impact sur les mammifères et les reptiles, même si un «impact est probable» sur ces derniers.
Planète/20mn

mardi 1 juillet 2014

Les jardins pour rêver.



Jardins pour rêver, jardins pour s’inspirer
(Photo : Photo Lise Gobeille)
Bien qu’encore jeunes, les aménagements des jardins sont déjà inspirants avec leurs beaux contrastes de couleur, leurs belles compositions et, évidemment, l’impressionnant éventail de vivaces présenté.
Un jardin doit faire rêver, nous transporter et nous inspirer, mais attention, il crée aussi un état qui peut entraîner une dépendance : la zénitude. En fait, c’est un lieu idéal où s’arrêter en vacances. Certains sont comme des oeuvres d’art, uniques, tandis que d’autres nous servent de modèles, d’inspiration. En voici trois, très différents les uns des autres, à voir et à revoir.
Le Jardin des curiosités
Le Jardin des curiosités a émergé d’un champ dénudé pour devenir aujourd’hui un espace riche, diversifié et unique. Il a été conçu il y a 17 ans par Suzanne Puech, horticultrice et artiste passionnée, avec la complicité d’Alain Émond, son amoureux. À l’entrée, la maison ancestrale jaune éclatant est entourée d’une luxuriance végétale accueillante. Derrière celle-ci est aménagé le jardin d’une conception particulière, où contrastent le formel et le naturel. De grandes haies de cèdres taillées à la perfection dessinent le contour d’un jardin classique, où quatre aménagements à l’anglaise se reflètent par leur forme. Dans ces plates-bandes, les plantes qui se ressèment sont les bienvenues, pour la note de liberté qu’elles apportent. L’allée centrale et le coeur de cet espace sont dans un tout autre esprit. Sobres et chics, ils sont rigoureusement entretenus et mettent en valeur l’art topiaire, peu courant au Québec. On y découvre des haies de buis minutieusement taillées, quatre chiens immenses en cèdre et plusieurs autres sculptures végétales. De chaque côté se trouvent deux allées, une dédiée aux plantes d’ombre et l’autre, aux plantes de soleil. Au bout se trouvent les petits fruits et le verger, et près de la maison, deux bassins sont aménagés avec des plantes aquatiques. Au fond, il ne faut pas manquer le lumineux jardin de mousse et les trois murs de bâtiments industriels en cèdre. Pour créer un microclimat et attirer les oiseaux, un brise-vent nourricier du côté nord a été planté. Opération réussie, car les volatiles sont nombreux et on se sent comme dans un écrin. On peut identifier les plantes grâce à un livret qui est fourni, et si certaines vous tombent dans l’oeil, les propriétaires tiennent une pépinière. Mais attention, argent comptant seulement.
Au jardin cette semaine 
Il reste encore des coins à fleurir dans les plates-bandes et, si les balconnières ne sont pas encore faites, il n’est pas trop tard. D’ailleurs, comme c’est le temps des rabais, aussi bien en profiter. Par contre, on s’assure de choisir des plantes qui ne sont pas longues et fragiles parce qu’elles sont demeurées trop longtemps coincées dans leur contenant.
Même chose pour le potager, mais il ne faut pas commencer avec des plants trop petits (tomates, piments, aubergines) si on veut avoir une récolte, car la saison est déjà avancée.
Et comme il fait plus chaud, il faut être vigilant et arroser les nouvelles plantations souvent. Lise Gobeille